Sophie Bruand dans tous ses états
Archives pour mars, 2010
Mes tribulations dans la Silicon Valley – Day#5
30/03/10
Et voici exactement une semaine après la fin du GeekTrip le récit du dernier jour de ce voyage en terre franciscaine.
On démarre la journée par une visite à Facebook où nous reçoit Henri, un français, qui est VP Mobile. Henri nous donne quelques chiffres pour situer l’activité de FB sur le mobile :
FB MOBILE : 100 million UU/mois vs 400 millions utilisateurs uniques / mois sur le web
- FB a 3 sites mobiles
- Touchsite mobile facebook/com pour pays émergents
- Appli Iphone, Android…
Et Les développements prévus en 2010 :
- Push autour de l’adress book
- Push Connect sur mobile (intégration social graph)
Puis à notre demande Henri nous donne sont point de vue et nous dispense ses conseils sur « comment s’intégrer dans le Wild Wild West aka La Valley quand on est un petit Frenchie ».

La Silicon Valley il faut plusieurs années pour comprendre et je n’ai pas encore tout compris. Il m’aura fallu 3 ans pour comprendre que j’avais pas compris. Ici il y a une grande tolérance pour les défauts de l’anglais (vs New York ou LA) qui met en confiance. Pour autant ma perception est que les français dans la new tech ne sont pas pris au sérieux. Il est difficile de comprendre les règles non écrites. La Philosophie dans laquelle il faut se placer : je débarque au fin fond de la Chine, leur perception est qu’il n’y a rien d’intéressant en France. Il est très difficile de recruter des personnes de qualité pour un entrepreneur français. Il ne faut pas croire que c’est facile quand on arrive ici. C’est un Monde hyperconnecté ou on ne perd pas de temps, tout tourne autour du boulotLes règles de la Silicon Valley.
Il faut prendre beaucoup de temps pour recruter et virer tout de suite. Il faut constamment garder le focus sur son entreprise / son projet / son objectif. (D’ailleurs ici j’ai remarqué on ne dit pas c’est un pro, on dit il est très focusé
) Le conseil d’Henri pour nous français qui sommes des boulets universels du pitch et des présentations orales : Reherse, reherse, être impitoyable avec soi même. Il nous recommande de mettre en pratique le système de la pyramide pour faire une présentation :
- 1 résume avec 2 points clés
- ensuite 3 points a,b,c développant les 2 points clés
- ensuite dans les points a,b et c il y a 1,2,3…
La question qu’on se pose ici au sujet d’un entrepreneur porteur de projet c’est « Can he carry the water » ? Pour finir un petit conseil de lecture d’Henri : Good to great companies
Bon allez frenchies, chin up… on fonce chez PLug and Play Tech Center Après une visite du bâtiment qui est un incubateurs (paradis du cubicle pour start-upper) dans lequel a démarré l’aventure Google.
Surprise, on est convié à assister a une séance de pitch « Executive Luncheon » où des Start-up pitchent devant un panel de pros expérimentés.
Ce sont nos grands pitchers Thibauld de AllMyApps (sur la photo) et Gilles de TellMeWhere qui passent l’épreuve du feu avant un dej’ offert par l’équipe de Plug’nplay.
Après avoir reconstitué ses forces, l’égeeke hit the raod again pour aller découvrir un entrepreneur qui lance sa start-up dans son garage (à les légendes de l’Ouest !). Dan le créateur de YourVersion qui nous reçoit très gentiment dans son cosy salon de Palo Alto (on a pas tout à fait la même notion du garage) nous expose avec un art du pitch consommé son projet qui sert tout simplement à « bookmarking in the cloud ». Dan s’exprime également sur Slideshare sur sa spécialité le « product management ». Je vous conseille de le lire ne serait ce que si vous voulez prendre quelques idées de présentation et tournures idiomatiques.
Moi j’en ai mémorisé 2 dont je me pourlèche encore pendant le pitch de Dan :
« With Mobile we are Data snacking »
« The Hockey stick growth curve is The VC Target »
C’est sur ces paroles pleines de sagesses que s’achève le récit de ces merveilleuses aventures du GeekTrip. J’en garde beaucoup de souvenirs et d’impressions et évidemment encore énormément de chose à dire et à écrire. Mais pour l’heure j’opte pour un petit break histoire de laisser infuser tout ça…
A bientôt ami lecteur !
Advertising Armagedon !
26/03/10
Tremblez conservateurs et ringards, car voici ce qui vous attends !
Via Digitology
Mes tribulations dans la Silicon Valley – Day#3
20/03/10
Au menu de ce 3ème geek day, for starters
( je me mets comme les français installés dans la Valley à mixer allègrement des mots et concepts américains dans la conversation) visite de l’usine La Boulange avec Pascal.
Un beau parcours d’entrepreneur autour du savoir faire de boulangerie pâtisserie à la française. Pascal en partant d’un constat simple, il n’y a pas de bon pain à la française à San Francisco… let’s make some, a réussi à développer une société très successful qui fournit à la fois le wholesale avec ses produits de qualité et gère une dizaine de boutique “La Boulange” dans la Valley.
Ses conseils d’entrepreneurs :
- devenez expert de votre activité et prenez votre temps pour connaitre votre métier sur le bout des doigts et dans toutes ses dimensions.
- soyez persévérant
- ayez de la chance et sachez la provoquer
- et puis soyez nice to people, you never know who is going to pass by
Après cette 1ère visite revigorante et odorante, nous voici en route avec la Geek team pour eBay. Nous y sommes reçu par Nicolas et Fidji 2 ebayers en charge de stratégie qui font pitcher mes petits collègues start-upers. Après quelques conseils sur la problématique du visa, nous sommes très gentiment conviés à la cafétéria d’Ebay. Grâce aux recommandations de consultants, la cantine n’est plus gratuite
Notre repas à peine avalé nous sautons dans la van direction San Francisco downtown pour un meeting chez Seesmic. Après un warm welcome de Loïc qui nous fais une démo des projets en cours nous avons un discussion avec Jojo le CTO français lui aussi, installé à SF depuis 2 ans.
Pour lui les atouts clés d’être présent dans la Valley, c’est
- la grande proximité avec les acteurs importants
- la dynamique et l’écosystème
- le mode de relation plus informel
C’est l’heure du gouter et une sacré piece of cake nous attend chez Netvibes avec Freddy Mini. Freddy commence par nous présenter sa vision des 3 grands âges de l’Internet :
- Paléozoïque (1994 à 1999), c’est l’époque du Browsing. On se balade d’un site à l’autre mais l’offre de contenu est encore limitée et principalement réservée à quelques power users.
- Mézozoïque ( de 2000 à 2005), c’est l’ère du Search. Les contenus se développent très vite, la recherche devient le moyen le plus efficace d’accéder à l’information.
- Cénozoïque (depuis 2005), on est entré dans l’ère du Monitoring.
A partir de 2004 avec l’explosion des blogs, le développement des réseaux sociaux, chaque utilisateur devient publisher et l’on entre dans ce que Freddy appelle une fractale de communication.
Ce qui a fait le succès de Google, c’est l’invention du concept de Page Rank qui permettait de mesurer l’authority d’une source et donc de servir des résultats “accurates”. Avec l’explosion des sources le pagerank n’est plus pertinent et le moteur de recherche en temps réel ne fonctionne pas au sens ou il ne recherche pas vraiment en temps réel…Du coup Google n’est pas une réponse pour mesurer la réputation.
Dès lors on ne peut plus chercher l’info il faut la monitorer. L’ information super highway qui était le concept en 94 est de nouveau d’actualité
A partir de cette vision l’enjeu pour Netvibes est de devenir un dashboard qui permet de mener l’ensemble des étapes du monitoring :
1. être conscient et monitorer
2. écouter et qualifier le sentiment
( 2 églises s’affrontent dans ce domaine : l’algorithme (radian 6, synthesio et cie) vs qualification humaine (ecairn, braineye..)
3. analyser, construire des graphes
4. aider à la décision, predictive modeling (correlation) avec des sources externes (meteo, politique…) internes (ventes…)
Netvibes ressemble à Légo planche à picot où les widgets sont les briques qui viennent sur la planche à picot. Netvibes a l’ambition d’être un uberdashboard.
Je serais bien restée des heures à écouter le truculent Freddy partager sa vision et faire ses sketches sur le commercial de Google et les produits qu’il stocke dans le coffre de sa R16… mais le devoir nous appelle : il faut pitcher à la french night de San Francisco New Tech.
Don’t worry je prépare une édition spéciale consacré au pitch et à SFNewTech notamment.
Stay tuned folks, Day 5 already cookin’
Mes tribulations dans la Silicon Valley – Day#2
17/03/10
Alors la suite me réclame-t’on
Aujourd’hui encore un très beau programme très chargé en kilomètres !
Nous démarrons notre journée au centre de San Francisco dans Union Square avec une visite de la French American Chamber of Commerce ou nous reçoit l’énergique Carole Granade. La principale vocation de la FACC de San Francisco est de répondre aux besoins des entreprises et entrepreneurs français installé dans la Valley ou qui projettent d’y venir en offrant une variété de services : networking, domiciliation, accompagnement à l’implantation… Mais attention si la région de San Francisco ne manque pas d’attraits (impossible d’en partir nous confie Carole qui y vit depuis 15 ans) s’y implanter n’est pas aussi facile qu’il n’y parait. Outre la barrière importante de la Carte Verte (on peut toujours tenter sa chance à la loterie, où nous français avons 1 chance sur 10) il faut intégrer l’importance des différences culturelles avec la France et surtout disposer de sérieuses réserves de cash (minimum 200.000 $) pour tenir sans revenus le temps de lancer son activité. Bref accrochez vous les petits frenchies ;-p
Ensuite nous filons ventre à terre direction Palo Alto pour visiter une toute jeune start-up qui lance un service de partage de contenus en mode privatif avec une expérience utilisateur très fun : rrripple.com.
La promesse : « Share exactly what you want with exactly who you want ». Nous avons avec les 2 fondateurs Heather et Andres une séance de brainstorming passionante sur leur service et la construction de leur business model. De l’open innovation en temps réel comme dirait l’autre
Je sors de cette rencontre enchantée par la fraicheur de nos 2 amis.
Cette fois après avoir avalé un délicieux burger à la Cheesecake Factory, en route vers Alameda pour rencontrer Bambi Francisco (si si c’est son vrai nom) la fondatrice de Vator.tv. Grande promotrice du working at home (elle nous fait l’article pour MySQL la virtual company devenue poule aux oeufs d’or) elle nous reçoit dans sa chiquissime et immaculée demeure avec vue imprenable sur la Bay. On se croirait dans un épisode de Desesperate Housewife ! Et c’est parti pour une séance de pitch à la sauce name dropping de cette célébrité montante de la Valley. Pas trop mon truc la suburbian new tech un peu trop parfaite arborant négligemment son tee-shirt de Berkeley… ceci dit son site mérite un coup d’oeil
Pas le temps de respirer, en retard en retard souffle Phil, et hop en voiture pour Mountain View (on devient des vrais commuters comme on dit ici) où nous attend la prestigieuse Mozilla Fundation.
Et là mes amis niché au creux d’un building plus que banal, se cachent des locaux à tomber, le rêve du geek !
Et ce n’est pas fini nous avons droit à une présentation passionnante animée par Pascal Finette, qui a la jolie fonction de « Catalyst » (moi j’adore le concept et je sens que je vais changer mes cartes de visites
Il nous présente les activités et la vision de Mozilla Labs. La vocation de Mozilla est de promouvoir l’ouverture (openess) dans un contexte ou l’on est tenté de construire des murs et des internets fermés. Cette volonté d’ouverture se manifeste notamment autour de 3 axes :
- open video vs flash propriétaire
- open code qui favorise la création d’un écosystème propice à l’innovation
- open innovation qui démocratise le process d’innovation : »users are increasingly able to innovate for themselves »
- la synchronisation des données entres PC, serveur et mobile
- la fonction d’authentification, sorte de single sign on universel (le Browser peut m’authentifier avec Weave connect et même me créer un compte pour me permettre d’accéder à un service auquel je ne suis pas encore abonné)
- l’agrégation de mon « social graph »
- la recherche contextuelle basée sur mon historique de navigation (dont l’avantage dans ce cas de figure est qu’il reste privé, merci Mozilla)
Bref le navigateur à la papa qui n’a quasiment pas évolué depuis les temps héroïques du web est bientôt révolu !
Mes tribulations dans la Silicon Valley – Day#1
16/03/10
J’ai l’immense bonheur de participer au Geektrip 6ème du nom concocté par l’ami Phil Jeudy pour initier les petits frenchies aux parfums entêtants de la Valley et arpenter les collines de la Bay.
J’ai décidé, n’écoutant que mon grand coeur, de livrer ici mon carnet de voyage et mes impressions de ce séjour à San Francisco, dont je caressais le rêve depuis fort longtemps.
Avant toute chose, voici le programme de la semaine pour que vous vous repériez un peu dans les tribulations
Pour démarrer le programme des réjouissances, nous avons commencé par une rencontre à Oakland avec un vieux briscard de la Valley, Luc Julia, un frenchie installé ici depuis 1993, qui après avoir été chercheur au mythique S.R.I (Stanford Reserach Institute) a développé un incubateur et une poignée de successful start-up dans le domaine des interactions homme-machine. Luc est aujourd’hui le patron d’Orb.
Ce personnage haut en couleur mi Professeur Tournesol mi Capitaine Haddock qui parle abondamment de toutes les vicissitudes auxquelles il menace d’exposer ses bijoux de familles, nous à décrypté les turpitudes des VC après nous avoir vanté les mérites de l’écosystème de la Valley. En deux mots, voici ses conseils pour la route pour réussir sa start-up :
- Avoir de solides fondations techno, qui apportent une réelle innovation
- Protégées ses technos par des brevets
- Attention méchants VC : il vaut mieux avoir déjà des sources de revenus pour ne pas se mettre dans les mains des VC. Et il faut choisir les VC avec discernement, il y a beaucoup de margoulins…
- Ne pas prendre des petites sommes car le risque de se faire diluer est trop grand. Il faut taper gros tout de suite, moins d’1 million de $ ça ne veut rien dire. Ce qui est normal c’est entre 3 et 5 million $.
- Ne jamais laissé plus de 20% de ses parts : tu te retrouves avec vite plus rien…
Armés de ces solides recommandationss (un geek averti en vaut deux) nous voici parés pour la suite, et en route à bord de notre splendide van Toyota pour Mountain View, le petit paradis de Google.
Là nous faisons la connaissance d’un dou géant, Raj Singh expert du mobile, qui bosse dans une start-up qui développe un browser pour mobile : SkyFire. L’ambition de skyfire restitué l’expérience de la navigation PC sur mobile, rien que ça ! Pour le moment le navigateur existe pour Nokia et sera bientôt lancé sur Android.
Après un excellent déjeuner en compagnie de Raj dans un « all you can eat indian restaurant », nous voici de nouveau sur la route direction San José et le campus de Pay Pal.
Là nous mettons à profit quelques minutes de break sous le soleil californien pour nous livrer à une délirante séance de photos avec la troupe de GEEK autour du logo eBay.
Nous sommes reçu par le délicieux Stéphane Kasriel avec qui nous avons une discussion très riche sur les solutions de paiement et le mobile.
En synthèse ce qui ressort de notre discussion c’est que le paiment sur mobile pose deux grands problèmes :
- l’expérience utilisateur : hors de question de faire renseigner des formulaires interminables sur un terminal mobile ;
- comment gérér les coûts de transaction sur les micropaiements en étant ni dissuasif ni déficitaire
Bon malheureusement on était un peu pris par le temps et on a pas pu les résoudre
Et hop tels là Scoobidoo team, nous voici à nouveau à bord de notre van pour filer à Moutain View sur le mythique campus de Google. Je vous passe l’inénarrable séance de photos et l’intervention de la Google Police pour calmer les français en goguette sur les pelouses.. vous verrez les photos, beaucoup mieux qu’un long discours !
Séquence groupe de discussion avec le monsieur de chez Google qui nous demande en préambule en quoi puis-je vous aider pour améliorer le service que Google vous rend ? Bref un peu trop corporate à mon goût… je m’éclipse discrètement via le précieux wifi GoogleGuest vers d’autres cieux
Stay tuned pour la suite de nos fabuleuses geek adventures !
It’s not about Digital, Stupid !
12/03/10
Un très joli pamphlet qui résume bien les enjeux (et ma pensée) en matière de fracture digitale et d’évolution des Services Publiques.
Via : Only Dead Fish
Darth Google… reaching the dark side of the force !
10/03/10
Depuis le temps que je me tue à dire que des gens qui ont comme mentra « Don’t be evil » ne peuvent pas être blanc blanc… Cette vidéo en fait une excellente démonstration !
THE BEAST FILE: GOOGLE from Hungry Beast on Vimeo.
J’aime bien aussi cette image
Via GigaOm
Allez Steve encore un petit effort…
10/03/10
… et t’auras la peau de l’ami Gates !
A moins d’un miracle sans précédent (aka un lancement de produit époustouflifiant tirant la croissance du titre) la question n’est plus est-ce que mais quand la capitalisation d’Apple dépassera celle de PetitMou.
Source : Business Insider































